La taverne des rôlistes

Réflexion et analyse critique sur le JdR en général et sur des JdR particuliers

Êtes-vous un bon rôliste ?

On sait tous comment différencier un bon joueur de bowling d'un mauvais. Le bon fera en général plus de points que le mauvais. C'est pareil pour un bon joueur de poker qui gagnera plus souvent qu'un mauvais. Mais un bon rôliste... On le reconnaît comment ?


Ni acteur de talent, ni un fin stratège

Dans les JDR, il n'y a pas de gagnant et pas de perdant. Donc déjà, le bon rôliste ne gagne pas plus ses parties que les autres. Par contre, le jeu de rôle a une composante "jeu de société" (réflexion stratégique, lancé de dés...) et une part de théâtre (réalisme et qualité de l'interprétation). En toute logique, le bon rôliste devrait être bon dans ces deux domaines au même titre qu'un footballeur doit avoir une bonne technique et de bonnes qualités physiques. Le bon rôliste est donc capable de réflexions pertinentes, d'établir de bonnes stratégies pendant le jeu, et en même temps, il interprète bien son personnage. Pourtant, cette approche n'est pas vraiment adéquate car si le footballeur a pour objectif de marquer des buts, le rôliste et le JDR en général a pour seul objectif le plaisir.


Un être charmant

On arrive alors à une définition tout à fait différente du bon rôliste. Il s'agit de la personne qui, de part sa manière de jouer, favorise le mieux les conditions qui feront que la partie sera plaisante pour les autres joueurs et pour le MJ. Le bon rôliste, c'est la personne avec qui il est agréable de jouer, et ce, indépendamment des relations affectives que l'on peut avoir par ailleurs avec lui. J'aurais beaucoup aimé pouvoir sortir de mon chapeau une liste de critères et de comportements spécifiques permettant d'évaluer la qualité de jeu d'un individu. Néanmoins, je ne crois pas qu'il y ait des comportements qui soient toujours positifs dans tous les groupes et d'autres qui soient toujours négatifs.


à l'écoute de ses confrères

Je pense par exemple à un MJ qui se plaignait du fait que ses joueurs se croyaient dans un jeu vidéos. Ils ne respectaient absolument pas les personnalités de leurs personnages et cognaient sur tout ce qui se présentait. Manifestement, ce comportement a gêné le MJ, mais les joueurs avaient apprécié cette séance. Le MJ était déçu uniquement parce qu'il s'était embêté à construire un scénario subtil et qu'il le voit se faire piétiner par une horde de personnages superficiellement interprétés. Pour autant, pouvons-nous en déduire que mal interpréter son personnage est désagréable pour les autres joueurs ? Assurément, non. Si le MJ avait prévu dès le départ un scénario spécial GrosBill, tout le monde aurait été sur la même longueur d'onde et aurait, sauf incident, passé une bonne soirée. Ainsi, ça n'est pas dans l'absolue le comportement qui détermine la qualité du joueur, c'est plutôt sa capacité à se mettre en adéquation avec l'ambiance qu'il perçoit autour de la table. C'est aussi sa faculté à être sérieux dans les scènes dramatiques, et à ne pas être rabat-joie dans les moments de délires. Être un bon rôliste donc, c'est d'abord être empathique.

Sylvain

Pour poursuivre votre lecture, un article sur le blog "Derrière le Paravent" traite de cette question : "Qui est le rôliste parfait ?".

7 commentaires:

Drôle d'idée comme article. Mais très pertinent. Je ne ferais pas d'autre commentaire, tout est dit.

 

Empathie des joueurs, empathie du MJ, on peut renvoyer pour cela aux types de joueur présent dans laws of good game mastering de robin D Laws, ou même au guide du DM de D&D4. Un MJ qui apréhendera mal les envies de ses joueurs et ne sera pas capable d'y répondre fera un mauvais MJ.

 

Tout à fait d'accord avec cet article, exprimé de façon claire, synthétique et élégante. L'empathie est indéniablement, si j'ose dire, la caractéristique à optimiser (ce qui, par ailleurs, en dit long sur les bénéfices que peut apporter le JDR, mais je m'écarte du sujet)

 

pour ma part, mon groupe de fidèles de plus de vingt ans maintenant à l'incroyable capacité de pouvoir agir avec une coordination étonnante... mais uniquement pour me pourrir mes scénarios machiavéliques, sans pour autant leur concocter des aventures "basiques", je les vois évoluer dans les réactions de leurs personnages, en tant que mj, c'est parfois frustrant, mais l'essentiel est que nous soyions rassemblés et que nous vivions notre passion commune... par contre tu mentionnes un paralèlle entre rôlistes et fouteux, je pose donc une question; Y'a-t-il un mercato du jdr? Je peux payer un ou deux joueurs d'élites en bons petits plats (chips bannis de notre table), ou alors en xp sur une classe de prestige secrète.

 

Je retire ce que j'avais dit au départ.. Je vais faire un commentaire...

La phrase :"Dans les JDR, il n'y a pas de gagnant et pas de perdant. Donc déjà, le bon rôliste ne gagne pas plus ses parties que les autres. Par contre, le jeu de rôle a une composante "jeu de société" (réflexion stratégique, lancé de dés...) et une part de théâtre (réalisme et qualité de l'interprétation)."

Rien que ça, et je pense qu'il est possible de débattre des heures et des heures... Je suis à 100 % d'accord avec ce que tu écris.

Mais j'ai aussi l'impression que finalement :d'un coté il y a des rôlistes (qui correspondent à ta description) et d'un autre coté des joueurs de jeu de rôle... On joue aux mêmes jeux, mais différemment.

C'est exactement comme essayer de discuter de Roleplay... Tous les "rôlistes" disent qu'ils font du roleplay...

 

Les rolistes sont des gens bien en somme. Voila qui expliquerait pourquoi je me suis fait tant d'amis autour des tables au fil des années :)

 

Scriiipt

Ta comparaison me fait penser au petit débat du le statut rôlistique de D&D. Une part de confusion venait du nom anglophone "Roleplaying" qui désignait le fait d'avoir un rôle à jouer, mais faisant référence non pas à l'interprétation mais à la complémentarité stratégique des différentes classes ("rôles") de personnages (le barbare qui bourrine, le voleur qui détecte les pièges etc).

Ainsi, certain vont faire du Roleplay sans faire ce que certains d'entre nous appelons roleplay. La distinction se situant alors dans la compréhension de la notion d'interprétation d'un personnage.

Tous les rôlistes disent qu'il font du roleplay, certe, mais si un mec prétend faire du tire à l'arc alors qu'on voit bien qu'il tire avec un fusil, on va bien se rendre compte qu'il se trompe. Dans le cas du JDR, il y a une sorte de phénomène bizarre qui fait qu'on a peur de formaliser les choses de peur de "manquer de respect à la subjectivité des rôlistes".

Pour preuve, les critiques que ramasse la ffjdr dès qu'elle s'exprime sur la définition du JDR.

 
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