Les informations illégitimes



Dans un article sur le blanchiment d’informations publié sur PTGPTB, l’auteur présente un ensemble de techniques permettant à un joueur disposant d’informations que son personnage ne devrait pas avoir d’utiliser quand même ces informations sans s’attirer les foudres du MJ. Pour schématiser, on pourrait citer un joueur qui, au moment où les personnages vont dormir, voit le MJ farfouiller dans le bestiaire et décide soudainement qu’il est plus prudent de faire des tours de garde toute la nuit. Le joueur a raison de se méfier, mais l’information qui conditionne cette méfiance est illégitime car le personnage n’a pas de raison de proposer un tour de garde. Le blanchiment de l’information dans cet exemple désignera la technique du joueur lui permettant de justifier de façon réaliste la méfiance du personnage (« je me méfie de ce genre d’auberge »). L’article susmentionné décrit ces techniques permettant de tirer parti au maximum de ces informations. Il est donc possible d’utiliser volontairement les informations dont ne devrait disposer le personnage, mais on peut aussi se demander s’il est possible de ne pas le faire. Notons que les savoirs illégitimes sont souvent soit inutiles (en termes de plaisir de jeu) soit carrément néfastes. Si mon personnage enquête pour retrouver un autre PJ, « faire semblant de ne pas savoir » sera largement moins intéressant qu’une enquête dans laquelle je découvre les éléments avec la même surprise que mon personnage. 

La bonne foi me semble être la première des clés pour jouer au niveau de connaissance du personnage. Cela signifie que le joueur accepte de ne pas tenir compte de l’ensemble des informations illégitimes auxquelles il accède. Par exemple, lorsqu’il entend un joueur s’adresser au MJ alors que les personnages sont dans des lieux différents, c’est au joueur de faire la part des choses et de ne pas se servir de ce qu’il apprend de cette manière. Les apartés permettent d’ailleurs d’éviter certains de ces problèmes. Mais la bonne foi n’est pas forcément suffisante. Raisonnablement, si je vois le MJ prendre son bestiaire quand les PJ vont se coucher, il est tout de même difficile d’imaginer pouvoir lancer fièrement :

« - Ok les gars, aucun danger dans cette auberge, personne ne sais qui nous sommes ! On va pouvoir se reposer réellement, pas besoin de tour de garde, faites-moi confiance ! »

La quasi-impossibilité de cette bonne foi véritable me conduit à penser que l’article sur le blanchiment d’information est finalement plus intéressant que je ne l’ai pensé de prime abord. Blanchir l’information n’est pas (seulement) un moyen de tricher, c’est surtout un moyen de mettre en adéquation les connaissances du personnage avec celles du joueur. Cette adéquation est quelque chose d’utile. Le personnage fait un effort pour rejoindre le joueur et avec le blanchiment, le joueur peut aussi avancer vers le personnage en ne tenant pas compte de ce qu’il ne devrait pas entendre. 

Sylvain

1 commentaire:

  1. Une petite anecdote de partie très récente ?
    Les PJ sont en exploration sur une planète inconnue (alors qu'ils ne connaissaient que la Terre). Le groupe passe près d'une clairière où il y a une bestiole tout mignonne. On continue notre chemin... quand tout à coup je réalise que c'est un réflexe de joueur. Mais mon personnage, qui de plus n'est pas super futée, pourquoi elle irait pas foncer droit dans le piège ? Du coup, alors que je savais pertinemment que c'était une mauvaise idée, j'y ai foncé. Par tant par bonne foi que pour bousculer un peu nos réflexes de joueurs...

    Bien entendu, ce n'est pas à faire avec tous les MJ, certains ne laissent pas passer la moindre erreur du personnage, même si elle correspond à son rôle.

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